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 La châtellenie de Cassagnabère

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alf_du_65



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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyLun 18 Mar - 11:40

fidelis montaignac a écrit:
L'heure est grave. Aujourd'hui, le tocsin a sonné. De nos campagnes profondes, a jailli une rumeur... "les voilà, ils reviennent...''.
Les enfants sanglotaient alors que les femmes, le voile sur le visage, écoutaient le vicaire déclamait le courage et la force de vaincre.
Les hommes, le beret posé, se regardaient, songeant aux heures graves. Charretiers, vanniers, maréchaux-forgerons, maîtres-boulangers, cabaretiers, paysans et métayers,... tous ont compris.
A l'appel du Seigneur, gentilhomme des campagnes, ils arpenteront, faux à la main, les campagnes pour se rendre à Trélut. Nul ne portera atteinte à l'honneur de nos terres. Les brigands venus du Plateau, les bandoleros, assiégeront nos troupes. Qu'ils se le disent : la terre de Trélut est la nôtre. Personne ne la souillera. En tête, se trouvera une élite de 15 chevaliers, 3 en première ligne, prêts au sacrifice, 5 en replis. Derrière la mêlée sanglante, une cavalerie lancera l'ouverture, entendez l'estocade, et deux ailiers, munis des oriflammes de la Bigorre, feront flotter derrière les lignes ennemis, l'esprit vengeur du TPR. Entre les mats de la terre conquise, passeront les transformations de notre fière victoire espérée et... acquise !
Bigorre vaincra, TPR restera ville franche et victorieuse !

J'en ai des frissons à te lire fidelis.... Bravo!
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TITINE
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TITINE

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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyLun 18 Mar - 11:47

Plus que des belles paroles , c'est des actes qu'on attend samedi prochain.
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fidelis montaignac



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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyLun 18 Mar - 15:16

Veillée d’armes
Jour – 5


Le petit enfant qui descendait la vallée, chapelet à la main, le dos courbé, balbutiait sans cesse : ‘’Aide-toi, et le Ciel t’aidera’’. Sa voix était monocorde et faible comme si une crainte l’habitait à cet instant. Dieu aurait-il abandonné ses hommes fidèles ? La brève histoire le dira… Mais que faisait-il à cette heure tardive de la nuit où même les flammes de cheminées sont éteintes. Il n'était pas seul. De moultes lieux et pays, hommes et femmes, accompagnés même de vieillards, coulaient en procession vers le sanctuaire.

D’où venaient-ils ? Des berceaux de la Pau y Treva, des réduits indépendants de Montségur, des foyers d’où s’était répandue la civilisation du rugby. D'aucuns venaient de la vallée de Bagnères. Là-bas, il y a longtemps que le deuil avait empli l'âme des derniers résistants. Ils le savaient : seule la vallée pouvait sauver leur principauté. D’autres de Lourdes, où l’on soutenait qu’avant même qu’une petite bergère fît un miracle, un autre se produirait aux contours du Bourg Vieux.

Il y a entre ces hommes qui habitent les flancs des chaînes de montagnes, une profonde affinité, au point de s’identifier les uns aux autres. Ils appellent cela ‘’l’amitié des stades’’. Dans cette terre de Bigorre, les conditions physiques du sol n’ont pas de loi et restent indifférentes aux hommes : Lourdes, Bagnères et Tarbes sont un même peuple. Les lies et passeries, ces vieux traités de fraternité pyrénéenne, ont embrassé leurs destins. Quand l’un de ces pays est blessé, c’est tout le corps social qui l’est.

Tous n'étaient pas pratiquants mais tous croyaient. Même s'ils manquaient parfois la Grande Messe du samedi soir, une part d'eux-mêmes ne leur appartenait pas. Le sacré, ils le savaient, vous tient au plus profond de l'âme quand la vie semble s'éteindre. Et alors, le sursaut de foi vous éveille jusqu'à vaincre.

Mais où allaient-ils ? Munis de leurs sabots, croûtés de boue, ils franchissaient les anciens réseaux routiers gallo-romains. La coutume orale transmise par générations leur avaient fait connaître, sans l’ombre d’un doute, la Table de Peutinger ou l’Itinéraire d’Antonin, ces anciennes cartes routières du défunt empire romain. Elles conduisaient toutes… au stade Maurice Trélut. Mais dans cette nuit qui annonce l'aurore des Seigneurs, l’itinéraire avait changé.

Les pèlerins contournaient la Cité médiévale. Les confréries de piété et de métiers s’étaient jointes au long cortège. On traversait les petits cours d’eau bordés de ces petites blanchisseries d'où les dames lavaient chaque semaine le maillot souillé des luttes incessantes. Partout, en chaque lieu, se dessinait la mémoire vivante des chevaliers. C’est au bord de l’Echez que s’arrête la foule. On distingue des ombres à genoux, d’autres, debout, silencieusement, s’exercent à des rites de dévotion. Ce n’est pas la cour des miracles mais presque. Dans ce petit espace réservé, cohabitent harmonieusement des stèles destinées à ceux qui ont quitté l’univers des stades pour rejoindre celui du Ciel. Ils sont tous là, entourant celle de celui dont ils attendent un miracle.

Nous sommes dans la commanderie de Bordères et l’homme ainsi honoré s’appelait Christianus Paulus, valeureux chevalier du temps où le sénéchal de France Juan Petrus Bastiatis fut renvoyé dire au Roi, en l’an 73 du siècle, que Tarbes resterait un royaume conquérant, celui du rugby.

Au pied de la chasse du valeureux combattant, se trouve l’inamovible Georgius Michelus, le capitaine des troupes qui vainquirent en ce temps déjà ancien les vandales aquitains au Stadium. Georgius Michelus est le nouvel archange du TPR. Il méditait les temps où devant les Marches de Septimanie, il envoya du pied un boulet qui violenta, au milieu de deux colonnes, l’infranchissable muraille landaise. Dans ce vieux temple romain, les fils de Francs venus de Bigorre n’avaient fait des conquérants wisigoths qu’une bouchée, ramenant le bouclier de Brennus qu’on leur avait volé 53 ans plutôt… Il répétait sans cesse : ‘’personne ne peut s’octroyer les oriflammes ‘’blanc’’ et ‘’rouge’’. Ni les thermes romaines de Tartas, ni le vicomté de Nébouzan’’.

Elles appartiennent au petit peuple gascon de Tarbes et à lui seul. Il tenait à ses pieds une lance, celle de Saint Michel, cette lance qui abat les ‘’satanas viribus’’, les forces de Satan. Satan était donc aux portes de la ville. Il fallait l’extirper.

Soudain, une voix venue d’outre-tombe parla. ‘’C’est lui’’ reconnut un fidèle.

''Ego Christianus’’, ’'je suis Christian’’, dit-elle. La voix poursuivait : ‘’Deus diem dedit ad audiendum’’, ‘’Dieu a décidé de la date de l’audience’’. Comprenez : Dieu a décidé de la date du purgatoire pour les ''bandoleros''du Plateau. ‘‘hora completorii’’,à l’heure des complies, conclut la voix du serviteur. La sentence divine tombait. A 21 heures, sonnera le glas de Lannemezan.

La voix s'était éteinte mais la rumeur courut. Dieu était aux côtés de nos 15 chevaliers et de leurs auxiliaires.

Entre ces pèlerins besogneux, la promesse était dite : ils restaureraient la gloire de Notre-Dame-de-Garaison blasphémée par les infidèles locaux.

La foi ne quittait pas le cœur de tous ces marguilliers et fabriciens de paroisses qui retournaient à présent dans leurs feux dispersés des campagnes, où triompheront souverainement leurs droits et us. On les appelait les Fors de Bigorre, mais eux, avaient traduit différemment : les Forts de Bigorre. Le ‘’t’’ faisait la différence comme la tourniole que Tarbes allait rendre aux vandales du Plateau.

Dans la pénombre de la vallée, remontant l’Adour, le petit enfant était toujours là. Tête à présent relevée, la main serrée sur le coeur, il pouvait sourire. Il savait désormais et répétait toujours, avec certitude, le regard vers le Ciel : ‘’Aide-toi et le Ciel t’aidera’’…

Samedi, Tarbes sera la ‘’vallée des larmes’’ pour les vandales et Dieu sanctifiera nos combattants.
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THE DEFENDER

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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyLun 18 Mar - 18:12



fidelis montaignac

A l'épilogue de ton flamboyant récit:

"Samedi, Tarbes sera la ‘’vallée des larmes’’ pour les vandales et Dieu sanctifiera nos combattants."

je n'ai qu'un mot à rajouter:AMEN !

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pic du midi

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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyLun 18 Mar - 18:19

Mais que va t-il rester comme discours aux entraineurs dans les vestiaires... lol!
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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyLun 18 Mar - 18:57



Du coup , je ne sais pas si je vais aller au match... ???

Je vais peut-être attendre que fidelis montaignac
nous le raconte... Ça devrait être vachement mieux...!!!


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alf_du_65



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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyMar 19 Mar - 9:00

fidelis montaignac, je ne peux qu'apprécier ta plume... Bravo!

Tes récits mériteraient d'être publiés dans la presse locale.
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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyMar 19 Mar - 10:18

alf_du_65 a écrit:
fidelis montaignac, je ne peux qu'apprécier ta plume... Bravo!

Tes récits mériteraient d'être publiés dans la presse locale.


Je suis d'accord avec toi...

Un petit feuilleton quotidien, dans la semaine précédent
un derby... ça aurait de la gueule... !

Et sûr qu'il y aurait des lecteurs... et des commentaires...!

Messieurs de la NR.... si vous nous lisez....



Dernière édition par THE DEFENDER le Mar 19 Mar - 22:07, édité 2 fois
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fidelis montaignac



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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyMar 19 Mar - 14:23

Veillée d'armes
Jour - 4


L’épais brouillard de l’hiver finissant couvre encore la morne plaine qui ressemble à un immense linceuil. Le Ciel semble embrasser la terre. On ne distingue guère le jour de la nuit. Le temps est glacial et la froide bise siffle. La nature est encore muette. Soudain, retentit dans un vallon de la Baïse le bruit sourd d’une cloche lointaine : il est soyeux, moelleux. Comme un signe ultime d’humanité. La nature silencieuse ignore encore que de sombres bataillons, sans panache, ni foi, ni loi, vont, dans quelques heures, fondre comme la cire au souffle d’un brasier.

Maudissant la solitude, le chant d’un corbeau vient à présent planer : sa désinvolte voix s’exalte, se traîne puis tremble. La frayeur saisit la nature endormie. Sombre présage…

Tout à coup, surgissent dans un immense fracas, des sangliers. Ils n’ont pas le temps d’écouter ce chantre du bocage. Hier bohémiens, ils lui accordaient quelque suffrage hospitalier. Point aujourd’hui. La nature ne ment pas. La clarté du jour qui pointe, à présent, est trop timide. On dit que la nuit porte les peines du monde. Point ici : au grand jour, les bandeaux de fureur ramasseront les lamentables corps des assaillants. Dans quelques heures…

Le temps passe. Soudain, dans un immense galop frissonnent, dans les champs déjà abreuvés de douleur, des oriflammes rouges, rouge de sang et blanches, d’un pur albâtre. Des cavaliers, tous revêtus de leur armure, effrayant de leur regard les lieux, éventent les chemins.

On en distingue 15 suivis de 8 autres. Hobereaux sans héritage, ils ont reçu cependant du Suzerain de Bigorre les lois de la noblesse. Le premier d’entre eux est capitaine. Son nom est prédestiné : Lacroix. Ses yeux sont déjà rivés sur ce front marqué d’une ligne blanche qu’il franchira victorieux. Son regard d’ébène retient pour l’instant le souffle de la mort.

Les voici qui parviennent aux portes de Liméacq, vieille possession carolingienne. C’est ici qu’est née la paroquia de Séméac, seigneurie des premiers princes et ducs de Gascogne. Non loin, on entend les murmures capricieux de l’eau qui coule dans l’Alaric. Ces hommes se souviennent.

Quelques instants, l’un d’eux sort de sa besace, un manuscrit chiffonné. En vielles lettres semi-onciales, on peut lire en titre : Lex Romana Visigothorum autrement appelé en vieux français, Bréviaire d’Alaric. Voici une décade de siècles, le roi des Wisigoths Alaric II avait assis en ces lieux les survivances de la civilisation gallo-romaine. De ce précieux monument, ils avaient appris les lois de la vie, de la noblesse, de la fidélité et du service. A cet instant, à voix haute, après s’être signé, le capitaine Lacroix lit une ordonnance du Bréviaire qui fixe les règles du combat d’avec la soule, cuir tiré de la vessie du porc qui servait de projectile pour détruire l’adversaire : tous les coups étaient permis sauf la perfidie, noblesse bigourdane oblige. Ici, on ne plaisante pas avec l’honneur. Pieusement, les yeux fermés, les hommes écoutaient se souvenant des gestes et rituels de combat : mêlées, percées, attaques, coups de pieds,…

Ce premier pèlerinage accompli, ils regagnèrent leurs montures. Ils étaient alors aux portes de la cité médiévale, Sedis Tarbiae, cette cité pour laquelle ils avaient tous prêté hommage de servir et de mourir.

Quelques galops, et voilà, que de nouveau, les hommes s’arrêtèrent. L’émotion est à son comble. Toujours sous la conduite de leur capitaine, ils portent genoux à terre. Ils sont devant les vestiges du premier castrum, celui où furent livrées les premières batailles pour les libertés gasconnes : le Julius Soulé Stadium. Les chevaliers ont retiré leur bassinet à bec de passereaux, leurs épées frappées par les forgerons du Couserans sont posées droite vers le Ciel. La tête relevée, ils épient les rares pierres de l’ancien sanctuaire. Elles dessinent encore et inlassablement le paysage rémanent des batailles victorieuses, celles où le Stadoceste se projette sa propre histoire, celle de la guerre et de la gloire.

Tous ont conscience que c’est ici vraiment qu’est née l’âme de la Bigorre. Un léger vent laisse planer de mystérieuses ombres : celles de Labourdette, Boubée, Rouch, Batzouin, Bordebat, Desterac,…

Les lieux ne sont jamais neutres. L’art de la mémoire, disait Cicéron, repose sur l’enracinement des regards et des lieux, d’où naissent les sentiments d’appartenance. Il s’en est fallu de peu que ce lieu eût été rasé. Les 15 chevaliers et leurs acolytes ne l’ignorent pas. Ils méditent la violence magnifique et désespérée que l’infinie passion oblige à respecter en tout temps, sur le terrain et hors du terrain de bataille.

Demain, ils devront restituer le destin de la cité assiégée. Le temps presse car les vandales approchent...
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ricounet65
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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyMar 19 Mar - 17:22

fidelis montaignac Bravo! Bravo! Bravo!
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THE DEFENDER

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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyMer 20 Mar - 7:18



fidelis montaignac,

puisqu'on a décidé de se faire plaisir , tout en se cultivant,à la lecture de ce récit épique  que tu nous distilles au compte-goutte , et qui nous narre l'épopée de nos héros en "rouge et blanc "( chacun reconnaîtra les siens...!)
J'ai décidé, dans le même esprit , de donner à lire la définition de cet adjectif magique qui a tant de pouvoir sur notre imagination et qui nous prépare à nous délecter à la lecture de tes futurs "feuillets"


Épique adj.

Le registre épique est caractéristique de l'épopée, mais on le trouve aussi dans les romans. Les personnages présents dans l'histoire sont aux prises avec des situations extraordinaires ou présentées comme telles. Tout est exagéré, démesuré, excessif. Les héros sont amenés à se dépasser, à accomplir des actes héroïques, ce qui suscite chez le lecteur un sentiment d'admiration et de fascination (ou au contraire de répulsion dans le cas de héros négatifs). Les procédés d'écritures sont ceux qui permettent l'insistance sur le nombre, la démultiplication puisqu'il y a agrandissement, aggravation, exagération, mise en relief de caractères extraordinaires ou surhumains. On y trouve ainsi de nombreux pluriels, des termes collectifs, des énumérations,accumulations, superlatifs, hyperboles, répétitions, effets de disproportion, métaphores et symboles.

Par extension de sens : 
Qui tient de l'épopée, qui a le caractère d'une aventure extraordinaire, mémorable. Ex. : Ce fut une soirée épique !

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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyMer 20 Mar - 7:36



Le guerriers du haut plateau du Nébouzan ne
vont-ils pas être décimés, avant même d'avoir
combattu...?!
S'il on en croit ce qui est écrit sur leur page
Facebook..


https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2656924224324063&id=1073725639310604&__tn__=%2As%2As-R

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fidelis montaignac



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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyMer 20 Mar - 15:49

Veillée d'armes
Jour - 3


L’air froid et le brouillard subtil qui environnaient la civitas Turba ne lui avait pas fait perdre son éclat. Les nobles chevaliers s’apprêtaient à franchir le pont-levis situé au Portail d’Avant, sur lequel veillaient des moines hospitaliers. Il était tôt mais déjà vaquaient dans les ruelles quelques hommes. Ils s’affairaient aux préparatifs de la bataille annoncée. C’est autour de l’Eglise saint Jean et du Bourg Vieux que s’organisaient les tractations. Lieu de passage et de négoce, on pouvait y repérer le château comtal. Gens de labeur, artisans et marchands y formaient l’essentiel des gardes qui accompagneront les nobles chevaliers.

Ils constitueront la deuxième ligne, en marge des premiers combattants, le long des deux versants du lieu de bataille, en charge des corvées orales. Le vestiaire de ces soldats de réserve pouvait surprendre : pantalon court frappé d’un ours en relief avec une chemise blanche bariolée de deux bandes rouge et blanche ; un béret, une baguette de pain, une tomme des Pyrénées au lait mi-gras, et une bouteille de Madiran achevaient d’imposer la posture.

Leur arme principale était le cornet à bouquin d’où jaillissaient de l’embouchure les sons dévastateurs : ‘’ici, on est chez nous’’, ‘’mais ils sont où les gens du Plateau ?’’. Plus violente sur l’emprise des combattants, étaient les acclamations tirées des anciennes liturgies locales, dont personne ne savait exactement depuis quand elles étaient devenues coutumières : ‘’stado’’, ‘’stado’’, ‘’stado’’,… Un mémorialiste rapportait même que ces solidarités linguistiques figuraient dans les testaments des premières républiques pyrénéennes des vallées environnantes d’Aure, d’Aspe et de Barétous. C’est ainsi que s’étaient familiarisés les réseaux du piémont tarbais jusqu’au Vicus Aquensis aux portes de Bagnères.

Tous savaient que la lutte serait sévère. La guerre n’est pas un jeu d’enfants. Ils se souvenaient de ce sinistre jour où un 11 novembre mal nommé, de l’an 18, nos hommes sortis en escapade furent violemment piégés sur ce sombre plateau. Dans cette mêlée incandescente, on ne s’était pas contenté de jeter des fourchettes dans les yeux, de casser des pavés de pierre à la tête, de mutiler les corps à coup de pieds.

On avait poignardé et défenestré ; les vandales avaient tendu, contre les lois de la guerre, des guets-apens. Ils avaient osé afficher leur déshonneur à venger au centuple la moindre de nos attaques. Ils s’étaient acharnés sur les corps affligés sur le sol, comme si l’on entendait nier leur qualité d’être humain. Dans l’obscurité des regroupements, on avait arraché des oreilles et des nez, on écrabouillait les visages, on exposait les corps nus, éviscérés, châtrés parmi les immondices.  

La barbarie se présenta sous des airs de bourgeois galants, qui cachait mal les frustrations d’un milieu incapable de s’élever à la civilisation. Ces corrupteurs de mœurs, demi-canibales, avaient ébranlé toutes les références à l’humanité. Ce qui faisait dire aux rares survivants de cette sanglante journée que le tableau ressemblât à une vision eschatologique des portes de l’enfer… Le plateau était devenu le spectacle de pulsions mortifères d’où se déchaînèrent les pires passions humaines.

Les pratiques odieuses des vandales ne s’arrêtaient pas là. La bataille apparemment achevée, et violant toutes les conventions ancestrales du cesser-le-feu, ils les avaient poursuivies jusque dans les lieux de repos où nos blessés et mourants pansaient leurs maux. C’est l’ordalie du Plateau. Tandis qu’eux-mêmes s’adonnaient à des fins breuvages, voilà que nos hommes en étaient réduits à ne pouvoir savourer que les eaux usées récupérées dans les anciennes latrines romaines, à présent abandonnées à l’ingratitude de la nature. Il s’en fallait de peu que ces barbares n’exposassent leur peuple aux pires épidémies.

Depuis que les gens du Plateau avaient prétendu vassaliser Tarbes, s’étaient répandues les pestes les plus dévastatrices que connurent ce pays. Les immenses ravages occasionnés par la maladie du CAL (abréviation médicale de calamités) avaient inscrit tout au long du Moyen âge de profondes ornières, notamment dans les bilans hygiéniques.

Telles furent les effroyables visions reçues par les rares survivants de cette ignoble boucherie. Mais Tarbes ne renoncera pas. Elle demeurera fidèle ; elle gardera les insignes de la dignité et de la civilisation. Les lois de la chevalerie ne sont pas objet de commerce. Elles sont la marque de l’éthique guerrière.  

Elle suppose un apprentissage universel de la civilité de la part de ceux qui prétendent appartenir aux élites nobiliaires : passes ordonnées, touches alignées, attaques classiques, cadrage, débordement, chistera, décalage, déblayage, cocotte, jeu de lignes,…

C’est cette culture nobiliaire de la guerre qui porte par nature la domination sociale. Tarbes est une principauté quand le vague terrain du Nébouzan ne représente qu’une portion à vocation vassalique. L'histoire leur concède les attributs des médiocres agresseurs : les moufles, les manchettes, les mêlées écroulées, les talonnages à la main,…

Qu’ils se le disent proprement : le veishiga (le bechigue, le ballon en occitan) appartient à l’aîné des pays de la Gascogne : Tarbes ! Les chevaliers du TPR leur feront goûter jusqu’à la nuit tombante les parfums de ce cuir enluminé.
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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyMer 20 Mar - 21:39



Je savais qu'on l'avait eu dure à Lannemezan le 11 Novembre dernier....

Mais à te lire :

"Dans l’obscurité des regroupements, on avait arraché des oreilles et des nez, on écrabouillait les visages, on exposait les corps nus, éviscérés, châtrés parmi les immondices. "  affraid
 


... je comprends qu'on a sacrément morflé... ! Pan pan!

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fidelis montaignac



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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyJeu 21 Mar - 11:43

Veillée d'armes
Jour - 2


Tandis que la ville s’agitait délicieusement, se parant de tentures florentines et vénitiennes comme aux plus beaux jours des tournois, un chanoine de la collégiale méditait. Sur les vieilles maisons, dans les granges et bergeries, il retrouvait le même signe gravé dans la pierre. Même rongé par l’usure des siècles, en écartant le lierre, il pouvait l’identifier. Il reconnaissait le style des cursives romaines que la science artistique des scribes méridionaux faisait légèrement incliner. Cette texture mi-gothique, mi-romane, était très usitée dans la vallée, alors que dans le cloaque putride et immonde du Plateau, l’on accusait une ignorance barbare. Les empattements discursifs lui permettaient de distinguer deux lettrines majestueusement unies : ST.

Il se souvenait qu’elles figuraient déjà dans les chartes des franchises de Bigorre et signifiaient : Stabit Turbae : Tarbes tient debout. Plus tard, le croisement des langues romano-franques et occitane au Bas Moyen-Âge aurait légèrement transformé la prononciation en Stadociste Turbae, sans occulter le sens profond de la formule.

Sur la place d’Armes, aux pieds de la cathédrale, les hommes se retrouvent à la Taverne de la Tanière du Sieur Tépéair : il y avait toujours une épaisse soupe odorante chauffant dans un coin de la cheminée pour les journaliers de passage. L’aubergiste était généreux : on y servait toujours des bols servis à ras bord pour 10 sols. Dehors, un crieur du nom de Titinus annonçait à haute voix le prix du vin, le seul qui était autorisé par le prévôt des marchands Jeandodus.

A la veille de la bataille, tout le monde buvait gaiement : « celui qui a déjà bu, doit boire encore jusqu’à plus soif. On en boit cent, on en broit mille ». Le doute était exclu : aucun des villani caballarii (vilains chevaliers) qui dévastaient le Plateau en meutes armées ne pourrait échapper à la divine punition…

Soudain des clameurs joyeuses emplirent les ruelles de la cité. On venait d’annoncer l’entrée des 15 chevaliers et de leurs auxiliaires. Ils venaient de franchir les fossés et palissades entourant la demeure du sénéchal. Un grand gaillard, nullement intimidé, probablement écossais, titré the defender, portant épée avec pommeau rond, et cotte de mailles, chanta ainsi ce qui suit : « Belle m’est la presse des boucliers aux couleurs de sang et du linceuil du Christ, d’enseignes et de gonfanons. J’aime à ouïr l’allégresse des ours qui font retentir leur chant dans le piémont gascon. Ils sont rangés sur le champ de Mars, avec leurs biens cramponnés, cette phalange de gens armés. Ils viennent tout vêtus sur leurs chevaux, sans peur, enhardissant ainsi les nôtres de leur vaillant courage. Et lorsque l’assaut sera donné, chacun doit être prêt à suivre de bon gré mauls et mêlées, car nul homme n’a la moindre valeur tant qu’il n’a pas reçu et donné de nombreux coups. Ils trancheront et rompront masses d’armes et coups de coudes. Que chaque preux ne pense qu’à fendre têtes, pieds et bras : car un mort plaqué vaut mieux qu’un ailier debout sans lance. Qu’à voir tomber nos oriflammes derrière la ligne ultime, nos adversaires aux bords des fossés, ils contemplent Lacroix et soldats stadocistes dans l’herbe victorieuse ».

A quelques lieux, les pans de sa cape repliés sur ses genoux, le béret rouge enfoncé jusqu’aux oreilles, un homme était assis sur un rocher. C’était l’échevin : Gerardis Tremegus. Il contemplait l’eau lisse et sombre de l’Adour, d’où coulerait dans quelques heures le sang rouge versé des ennemis. L’homme tira de son fourreau une clef.

C’était une très vieille clef, lourde et aussi longue que la main. Il l’avait reçue il y a quelques saisons, du consul des gildes de marchands et des confréries de métiers, dont l’unique office se réduisait à transmettre cette clef et les sceaux de la ville franche.

Cela s’était passé ainsi pour celui qui l’avait précédé, puis encore un autre avant lui, et un autre, et ainsi de suite en remontant la chaîne des gardiens de la clef. L’homme savait chacun de leurs noms qu’il dévidait souvent dans sa mémoire pour ne pas les oublier, faute de quoi sa vie perdrait tout sens car rien ne subsistait du passé que cette patiente litanie de noms : Raimondis Erracaretus, Paulus Chastellanus, Paulus Boiris, Marcelus Billieras, Raimondis Peyresis, Petrus Bruzaudis-Grillas, Petrus Cohousis…

Emu, la voix nouée, l’échevin fourcha sur le dernier nom, celui par qui tout était advenu : Marcelus Trelutis. C’est à lui que le dernier forgeron venu des Arvernes, en l’an 35 du siècle, avait remis cette clef. C’était la clef du Champ de Mars, ainsi appelé depuis les mérovingiens pour désigner le champ de bataille. C’est à ce temps de l’hiver finissant que l’on convoquait les hommes libres pour délibérer et pour guerroyer.

La clef de bronze ouvrait le terrain de la lutte finale. C’est là que se nouera dans quelques heures le destin de la Gascogne.
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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyVen 22 Mar - 10:34



fidelis montaignac,

Je suis honoré d'apprendre qu'un de mes
ancêtres écossais, grand gaillard et au ramage
affirmé a fait partie de la grande histoire des
combats ancestraux contre le vilain descendu
des hauts plateaux...

Sois remercié pour tes efforts de documentation ,
la qualité de ton travail de recherche
et surtout pour le plaisir renouvelé que nous procure
la lecture de cette enthousiasmante épopée que tu
narres avec tant de verve...
On se laisse emporté par le souffle épique qui colore
ton récit

Chapeau bas ! La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 11814510



Dernière édition par THE DEFENDER le Sam 23 Mar - 7:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyVen 22 Mar - 11:14

Veillée d’armes
Jour – 1 – L’adoubement sacral des chevaliers de la Table ovale précédant la bataille


Il est vendredi, en l’an 19 du siècle, en la fête de Saint Avit, soldat dans les armées d’Alaric et dans la solennité liturgique de la Transfiguration. Tarbes se lève et déjà les préparatifs de la Grande messe vont commencer. Chanoines, prélats, prêtres des collégiales, prévôts et religieux s’attardent sur le Champs de Mars. La foule pieuse demeure dans le silence. Les rayons enflammés du soleil laissent déjà éclater les teintes de la vie alors que les oiseaux de Vénus annoncent la victoire prochaine.

De la vallée, on voit renaître dans les hautes montagnes, les prés fleuris de nos vertes étendues. Tarbes, la belle, va célébrer ses hommes. Le rite auquel vont assister toutes ces petites gens tient des gestes les plus anciens portés par les cités pour honorer Dieu et ceux qui en sont les serviteurs dignes. C’est le privilège des chevaliers.

Pourquoi donc ceux de Tarbes et pas les autres ? Parce que Tarbes a été choisie, élue. Elue par Dieu pour sauver la civilisation du cuir enluminé et mettre fin à la dégénérescence coupable des faux artisans de la science, réfugiés sur le Plateau.

Ce dessein est divin. Il figure dans l’écriture scripturaire.  Et quoique l’imprimerie n’existât point encore, chacun en connaissait les termes selon la tradition recueillie de Moïse, dont le Livre Saint nous rappelait qu’il possédait la royauté et le sacerdoce. Plus encore Tarbes y était citée : quelle cité pouvait se flatter d’y figurer quoiqu’elle fût née d’un amour déçu… ? L’épisode biblique est le suivant : « (…) Moïse retourna en Egypte après son union avec Sephora, fille de Jéthro, extrêmement considéré par Pharaon. La belle reine Tarbis gouvernait alors l’Ethiopie. L’ambition d’étendre son royaume la poussa à conquérir l’Egypte. Dès qu’il en en eut connaissance, Pharaon ordonna aux chefs de l’armée de se préparer à la guerre et confia à Moïse la mission de repousser l’ennemi (…). A la vue du héros, Tarbis fut envahie d’un grand trouble et, vaincue par l’amour, lui offrit son royaume et son cœur. Moïse refusa ! »

Oui, entre Tarbes et Dieu, il y avait bien une sollicitude particulière. Le peuple gascon et ses chevaliers le savaient. La coutume d’oindre la broigne à manches courtes sur le corps nu, le haubert blanc et rouge frappé des marques ST, le heaume couvrant les oreilles, l’armure des plaques cramponnées participait des rites sacrificateurs, symbole de la puissance spirituelle et terrestre dont les ennemis allaient goûter les parfums, les parements déchirés et les corps sanglants, recouvrant le sol.

Le pontifical de la consécration figure dans le Liber sacrae Stadocesti Turbae. Un mémorialiste de l’époque gallo-romaine, Sergio Parisse, prétendait même qu’une copie de ce précieux monument était conservé dans les Archivum Secretum Apostolicum Vaticanum (Archives Apostoliques Secrètes du Vatican) alors que dans l’empire latin finissant, on commençait à utiliser le veishiga (le ballon) comme arme d’attaque.

La cérémonie religieuse démarre. Le clergé, chapitre en tête, rentre dans le chœur en ordre de procession, et l’évêque de Tarbes, Homobonus d’Armagnac (traduisez : Homme de Bien d’Armagnac par opposition au faux évêque hérétique qui commandait les troupes du Plateau Homomalus Satanas, homme mauvais de Satan) en chape et en mitre, est conduit au prie-Dieu installé au milieu du chœur. S’étant relevé, et après avoir chanté l’antienne à la Vierge, pour sauver Notre-Dame de Garaison, prisonnière des Vandales, il appelle au trône les nobles chevaliers :

Chevalier Lacroix, Grand Ecuyer du castrum de Bigorre, capitaine de corps.

Les chevaliers Hauri, Bonnot, Vial, Escur, Cami, Duni, Manso Moyana, écuyers du sénéchal de Tarbes à qui il reviendra de charger en première ligne.

Les chevaliers Percival, Meron, Masson, Armary, bonnecarrere ,barons de la Généralité  lanceront les offensives en deuxième et troisième lignes.

Les chevaliers Loustaunau, Pees, Paulet, Claverie, Brethous, Rubio, Berbizier, Dumestre, Lhusero, gentilhommes du Marquisat d’Armagnac constitueront la cavalerie légère.

Mention particulière pour deux nobles chevaliers venus des îles lointaines et de Lusitanie : les barons Vunisa et Estevès dit BB (quoiqu’il ne fût pas un enfant de chœur !).

Le Prélat entonne une oraison :
Militum civitatis Turbae, ecce ego mitto Angelum meum, qui praecedat te, et custodiat semper. Sit nomen Domini et Tarbi benedictum : Chevaliers de Tarbes, voilà que je vais envoyer mon Ange devant vous pour vous garder ! Que le nom du Seigneur et de Tarbes soit béni.  

Tandis que les oriflammes rouges et blanches flottent et que sont portées les lances vers le Ciel, le chambellan appelle le Grand Ecuyer Lacroix. Imitant le sacre biblique du Roi David, il sollicite le capitaine en frappant le sol : Qui es-tu ? Le noble chevalier répond : je suis Lacroix, noble chevalier. Le chantre ayant encore une fois frappé le sol et ayant demandé le capitaine, la même réponse lui est faite. Mais à la troisième fois, le capitaine répond : je suis Lacroix, noble chevalier du Stadoceste tarbais, serviteur de Dieu.

Aussitôt, le chevalier Lacroix est couché sur un lit de parade au pied de l’autel. Au même instant, tous les autres chevaliers l’imitent.

C’est le sommet de la cérémonie. La tête surmontée d’un béret rouge ils prononcent d’abord le serment : « Nous promettons devant Dieu tout-puissant et éternel de conserver intacte l’intégrité du champ de Mars, Mauricius Trelutis, ses privilèges victorieux et de le protéger autant que nous le pourrons jusque devant notre ligne d’en-but que les infidèles ne franchiront jamais alors que nos assauts conduiront derrière l’autre ligne. Faites que nous ne manquions jamais de leur donner la tourniole, sans clémence ni miséricorde ». La foule exulte.

Puis viennent la bénédiction des ornements sacramentels : les bottes et éperons cramponnés. L’évêque bénit : « contre la cupidité des gens du Plateau et pour qu’ils goûtent les douceurs de la paix, daignez Seigneur accorder les grâces nécessaires pour que ces saintes choses marquent à jamais, sans modération et dans la prospérité, les visages et les corps. Qu’ils aident aussi à porter vers le Ciel le veishiga pour transformer entre deux cierges montés tout haut les signes de vos saintes pénalités ».

La Messe pour les Justes s’achève. Dans quelques instants, ils rejoindront leur siège ducal, appelé locus fraternae (lieu fraternel) ou vestiaire. Ils répéteront les derniers gestes, se donneront une ultime accolade, et après une oraison du chevalier Lacroix, s’élanceront, bannières en tête, pour faire triompher les franchises de Tarbes.

Dominus vobiscum. Que le Seigneur soit avec vous

Ainsi s’achève la Chronique médiévale du Troubadour Fidelis Montaignac qui quittant les Marches de Septimanie aux bords de la Garonne, s’en va, revêtu de sa tunique paysanne, rejoindre le Champ de Mars des Pyrénées, pour assurer sa corvée orale…
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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyVen 22 Mar - 11:32

Chapeau bas Fidelis....merci pour cette petite délicatesse...avant ce samedi de brutes !!!!

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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyVen 22 Mar - 12:45



Ce texte mériterait édition sous forme de plaquette brochée
à distribuer à l'entrée du stade... à tous les hableurs de la vicomté
de Comminges pour qu'ils prennent "agréablement "
connaissance de l'exquise soirée qui les attend sous les cieux
"cléments " de notre douce Bigorre

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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptyVen 22 Mar - 16:49



Ce sujet aura eu un mérite ( Outre la découverte des talents de conteur de notre ami fidelis montaignac)

celui de redonner sa vérité géographique à la Bigorre... mais aussi, et peut-être surtout, de redonner vie au Nébouzan oublié... voire ignoré de certains... pour ne pas dire de beaucoup d'entre nous

C'est ma façon  à moi d 'honorer ces "vilains" lannemezanais qui n'ont peut-être pas des manières de seigneurs... mais, qui, si on n'y prend  garde, te rougissent la tronche au bourre-pif... te resement les cacholes sur le pré.... et te font payer la note au planchot !

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MessageSujet: Re: La châtellenie de Cassagnabère   La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 EmptySam 23 Mar - 10:34



Special dédicace d'Albert Einstein
pour nos amis lannemezanais:

Bise vert  "C'EST LE DEVOIR DE CHAQUE HOMME DE RENDRE AU MONDE AU MOINS AUTANT QU'IL EN A REÇU " Bise vert


La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 Albert12

POUR RAPPEL...POUR CE À QUI CELA AURAIT ÉCHAPPÉ La châtellenie de Cassagnabère - Page 2 655810

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