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 Entretien avec Pierre Villepreux : une leçon de rugby

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fidelis montaignac



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Localisation : Séméac - Toulouse
Date d'inscription : 29/12/2018

Entretien avec Pierre Villepreux : une leçon de rugby Empty
MessageSujet: Entretien avec Pierre Villepreux : une leçon de rugby   Entretien avec Pierre Villepreux : une leçon de rugby EmptyMar 23 Avr - 18:55

http://sport24.lefigaro.fr/rugby/xv-de-france/actualites/villepreux-un-deni-de-realite-de-la-part-du-staff-du-xv-de-france-954607

À 75 ans, l’ancien sélectionneur des Bleus livre au «Figaro» son analyse, pertinente, de l’état morose du rugby français. Les Bleus, le Stade Toulousain, les valeurs menacées, le sage n'élude aucun sujet.

Propos recueillis à La Rochelle

Désormais en charge de la commission d’éthique et de valeurs à la FFR, l’ancien sélectionneur des Bleus, finalistes de la Coupe du monde 1999, parle rugby avec cette passion qui l’a toujours habité. De passage à La Rochelle pour animer une conférence sur les valeurs du rugby dans l’entreprise, l’ancien arrière du XV de France (34 sélections de 1967 à 1972), toujours soucieux de transmettre les valeurs de son sport, n’a pas hésité à rencontrer en amont les jeunes rugbymen de la section sportive du collège Jean Guiton. C’est dans ce contexte que nous l’avons rencontré. Professeur d’éducation physique, joueur fantasque puis entraîneur de renom, le théoricien du rugby français porte son analyse sur le rugby français actuel. Moments choisis.

Le Figaro : Qu’avez-vous pensé des prestations du XV du France lors du Tournoi des 6 nations ? Est-ce l’un des pires de son histoire ?
Pierre Villepreux : Oui ! C’est le jeu qui ne va pas ! Quel travail met-on en place dans les entraînements pour qu’il s’accomplisse ? Je ne peux pas savoir. Mais j’ai été intéressé que certains joueurs puissent dire : « On ne travaille pas assez » (Morgan Parra et Camille Lopez après la débâcle en Angleterre 44-8, NDLR). Mais on ne travaille pas assez quoi ? C’est ça qu’il fallait dire. Au niveau de la quantité, de la qualité ? Les joueurs doivent s’exprimer.

Sauf que leurs prises de position leur ont valu d’être sortis du groupe…
C’est un autre problème. Ce questionnement, il aurait peut-être fallu l’avoir face aux entraîneurs et pas directement face aux médias. Après, on en revient à un problème de management du groupe. De la liberté qu’ont les joueurs dans le jeu sur le terrain et hors du terrain.

Quelle est la part de responsabilité du staff dans cet échec ?
Elle est grande, c’est indéniable. Il y a de la part du staff un déni de réalité par rapport à un jeu qui ne colle absolument pas. C’est désolant. Sur le terrain, il faut avoir la bonne analyse, prendre les décisions adéquates. Contre l’Irlande (défaite 26-14), on ne fait rien. On est incapable de produire quoi que ce soit. Je me souviens de la période où le XV de France perdait de peu, on parlait alors de « défaites encourageantes ». Désormais, on subit de sacrés revers… Je ne les associe pas à un manque d’envie. Mais au moindre accroc, chacun pense un peu à sa « pomme » et ça suffit pour que la catastrophe leur tombe sur la tête.

«Galthié arrive : il prend la place de qui ? Qui gère le management ? Ça ne peut que créer un climat compliqué…»

Le staff doit-il privilégier les jeunes joueurs, en particulier les champions de monde des moins de 20 ans ?
Il aurait fallu prendre ce virage avant le Tournoi. En ne sélectionnant que des jeunes joueurs, avec quelques anciens incontournables pour éventuellement rassurer l’équipe. Je suis convaincu que le jugement du public, des médias, aurait été plus clément. Mais maintenant, c’est trop tard pour la Coupe du monde… Même si tout reste possible si on gagne le premier match contre l’Argentine.

On évoque l’arrivée, pour renforcer le staff, de Fabien Galthié…
C’est bizarre cette façon de faire. On a l’impression d’une mise sous tutelle. Moi je veux savoir comment on fait ? Galthié arrive : il prend la place de qui ? Qui gère le management ? Ça ne peut que créer un climat compliqué. Compliqué…

Parlons de l’après-Coupe du monde. Bernard Laporte a consulté les clubs qui, à 59 %, se sont prononcés contre un sélectionneur étranger. Et vous ?
C’est  non également. Je n’y suis pas favorable. Est-ce qu’un entraîneur étranger a les moyens d’apporter un plus à l’équipe de France par rapport à des entraîneurs français qui ont la culture française, l’esprit du jeu ? J’ai un doute. Si on regarde les entraîneurs étrangers dans le Top 14, ils ont de moins bons résultats que les Français. Vern Cotter à Montpellier n’est, pour le moment, pas qualifié pour la phase finale, Heyneke Meyer avec le Stade Français non plus. Pau (qui vient de se séparer du Néo-Zélandais Simon Mannix, NDLR) réalise une saison décevante. Le nom de Warren Gatland revenait avec insistance pour le XV de France. Je ne remets pas en cause ses qualités, mais ses idées étaient-elles compatibles avec ce qu’on attend ? Je suis perplexe…

«Laporte et Simon se sont trompés. Il fallait laisser Guy Novès aller jusqu’à la Coupe du monde»

La Fédération française de rugby a licencié Guy Novès fin 2017. Était-ce une erreur selon vous ?
Bernard Laporte s’est trompé, oui. Ils se sont trompés (avec Serge Simon, NDLR). Il fallait laisser Guy aller jusqu’à la Coupe du monde, c’est évident.

Selon vous, Bernard Laporte est-il un bon président de la FFR ?
Il a produit un programme. Est-ce qu’il le respecte ou pas, on le verra à la fin du mandat. Je ne porte pas de jugement. Je ne veux surtout pas en porter. Il a convaincu les clubs amateurs de voter pour lui, bravo à lui. Il mène une politique bien perçue par certains, moins bien par d’autres. Après, vous le savez, les valeurs sont essentielles à mes yeux et c’est vrai que, parfois, je suis bousculé…

Des anciens joueurs (Blanco, Pelous, Magne, Marc Lièvremont) et votre ancien partenaire à la tête de l’équipe de France (Skrela) montent une liste d’opposition à Laporte pour les élections fédérales de décembre 2020. En faites-vous partie ?
Je ne peux pas en faire partie. Je suis au comité d’éthique et de la déontologie de la Fédération. Si je rentre dans cette liste, je dois démissionner.

«J’ai toujours prôné que les résultats étaient la conséquence du jeu produit»

Vous défendez les valeurs du rugby. Ne sont-elles pas bafouées depuis un certain temps ? Dernier exemple, le corps arbitral visé par des projectiles à Agen…
Les valeurs du rugby sont les valeurs qui s’expriment grâce aux règles, au respect des partenaires, des adversaires et de l’arbitre. Aujourd’hui, il y a des dérives liées au fait que le public n’est peut-être plus tout à fait le même. Il est important d’inculquer nos valeurs à ces personnes, de les amener à comprendre ce qu’est le rugby. C’est notre devoir de les rappeler quotidiennement pour qu’elles ne s’oublient pas avec un professionnalisme qui tend à les modifier…

Le Stade Toulousain, votre ancien club (il y a été joueur de 1965 à 1975, puis entraîneur de 1982 à 1989, pour trois titres de champion de France) réalise une grande saison. Votre amour pour le beau jeu doit être satisfait ?
J’ai toujours prôné que les résultats étaient la conséquence du jeu produit. Force est de constater que celui du Stade Toulousain est assurément épanoui cette année. C’est l’ADN de ce club, le Stade a une histoire avec un jeu de mouvement, de vitesse. Cela m’avait attristé de voir qu’à la fin de l’ère Guy Novès, il s’était un peu dégradé. Pour diverses raisons.

Lesquelles ?
Je pense qu’au moment où Guy s’est éloigné du terrain pour vraiment prendre en charge tout le management, il y a eu des conséquences dans le jeu produit. Le public ne s’y retrouvait plus. Parce que, quand je parle de valeurs à dispenser, il faut également que le public s’approprie le jeu. Qu’il soit capable de s’identifier. Par exemple, un groupé-pénétrant, une grosse mêlée, ça donne du plaisir aux amateurs de mêlées, mais une relance des 22 mètres, une action avec un enchaînement de passes, de soutiens, de courses et de vitesse, ça donne à tout le stade envie de se lever. Toulouse est sur la bonne voie. Mais je ne suis pas surpris.

«En équipe de France, les joueurs tendent à réciter quelque chose qui a été mal appris, mal compris»

Pourquoi ?
Regardez les dirigeants actuels. Ce sont tous des anciens joueurs qui ont pratiqué ce rugby épanoui. Ils ont demandé aux entraîneurs de le reproduire, de changer l’état d’esprit. Et ça marche ! Toulouse ne fait pas du résultat le seul objectif. Gagner, oui, mais pas à n’importe quel prix. Et comme les joueurs adhèrent à ce discours, ne traînent pas des pieds…

La liste des joueurs flamboyants avec Toulouse (Dupont, Ntamack, Ramos…) mais timorés avec le XV de France est longue. Comment l’expliquez-vous ?
Ils ne jouent pas libérés, c’est criant. Ils tendent à réciter quelque chose qui a été mal appris, mal compris. Ils ne sont pas les seuls responsables. Tout le monde - les entraîneurs, les joueurs, les dirigeants - est responsable. Ces jeunes joueurs, il ne faut pas qu’ils rentrent sur le terrain avec le sentiment qu’ils vont se planter. Il faut qu’ils retrouvent, dans cette équipe du moins, de la confiance au travers du jeu qu’ils doivent produire. Certains gestes doivent redevenir naturels.
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